Libre opinion : M. Didier Otokoré n’a pas la pointure de sa mission
Depuis la participation de la Côte d’Ivoire à la 19ème Coupe du monde en Afrique du Sud, j’ai lu, et je continue à lire quotidiennement des réactions qui me choquent dans la presse sportive de Côte d’Ivoire. Notamment, celle du ministre du sport Mel Théodore (à qui le journal le Sport a donné une réponse bien appropriée), sans oublier certains présidents de clubs. Mais la dernière intervention en date qui me fait aujourd’hui sortir de mes gongs en tant que simple ivoirien aimant le football, c’est celle de l’ex-international ivoirien Didier Otokoré parue dans le journal Supersport du samedi 10 juillet.

Depuis la participation de la Côte d’Ivoire à la 19ème Coupe du monde en Afrique du Sud, j’ai lu, et je continue à lire quotidiennement des réactions qui me choquent dans la presse sportive de Côte d’Ivoire. Notamment, celle du ministre du sport Mel Théodore (à qui le journal le Sport a donné une réponse bien appropriée), sans oublier certains présidents de clubs. Mais la dernière intervention en date qui me fait aujourd’hui sortir de mes gongs en tant que simple ivoirien aimant le football, c’est celle de l’ex-international ivoirien Didier Otokoré parue dans le journal Supersport du samedi 10 juillet. Tout simplement, parce que, M. Otokoré ne s’attaque pas seulement au président de la FIF Jacques Anouma, mais à tous les ivoiriens et à tous les africains.
En effet, dans une interview à lui accordée par Supersport, quand on lui pose la question suivante : quel bilan faites-vous de la participation ivoirienne au Mondial ? M. Otokoré répond : « J’entends dire que nous avons bien joué contre le Portugal. En réalité, nous n’avons fait que défendre un peu comme le Burkina Faso l’a fait contre nous à la CAN 2010. Face au Brésil, les Eléphants n’ont rien montré et ont concédé des buts sur trois accélérations. Quand on veut aller loin, on est plus ambitieux. Les ivoiriens à l’image du président Jacques Anouma se contente de très peu ».
Puis, plus loin, quand on lui demande ce qu’aurait dû faire Anouma, il renchérit : «Il doit donner l’envie de gagner aux joueurs. A l’écouter, Anouma est juste content de disputer une Coupe du monde. Il a dit être heureux d’entendre l’hymne nationale de la Côte d’Ivoire lors de cette compétition. Ce n’est pas le plus important et Anouma doit être plus ambitieux. Il se contente de peu. Mais au fond, c’est aussi cela la mentalité des africains ».Quels graves propos !
Après lecture de cette interview qui pue la calomnie et l’irresponsabilité, j’aimerais pour ma part relever trois choses : 

  1. D’abord, je pense que l’heure n’est pas encore au bilan du Mondial. Et si bilan il devrait y avoir, ce n’est pas à M. Otokoré de le faire. Il n’en a ni l’intelligence ni le niveau de connaissance du football pour être objectif et pointu. Car, dire que face au Brésil, les Eléphants n’ont rien montré, c’est grave et c’est méchant, c’est lâche et c’est faire preuve d’une vision obtuse du football moderne. Parce que, M. Otokoré n’égale pas la cheville de Sven Goran Eriksson, de Maradona ni de Beckenbauer et autres Eusobio qui ont apprécié les performances des Eléphants.

C’est indéniable, M. Otokoré n’a pas le talent de l’attaquant brésilien Luis Fabiano qui a dû user par deux fois de la main pour inscrire le deuxième but du Brésil. Dire aussi que Anouma manque d’ambition et qu’à travers le président de la FIF (qui selon moi, a mis le football ivoirien à un tel niveau qu’il sera difficile à son successeur de faire mieux), les ivoiriens et les africains manquent d’ambition, c’est prétentieux et c’est manquer d’humilité. Parce que, en tant qu’ivoirien c’est une grande fierté pour moi, de voir non seulement le drapeau de mon pays flotter parmi ceux des 32 meilleurs nations de football au monde, mais aussi et surtout, d’entendre notre hymne national retentir dans les stades du pays de Nelson Mandela. C’est aussi une fierté pour moi de voir la Cote d’Ivoire terminer au 17ème rang du Mondial, devant des Nations comme l’Italie, la France et le Danemark qui ont une histoire dans le football mondial. Nous, nous sommes en train d’écrire notre histoire.
Le dire, ce n’est pas se « contenter de peu ». C’est exprimer sa joie et sa fierté de jouer dans la cour des Grands. M. Otokoré devrait savoir, s’il est lucide, qu’au coup d’envoi des éliminatoires du Mondial, 200 nations sont en lice sur la planète. 32 se qualifient et une seule remporte le trophée (cette année, c’est l’Espagne qui a fait preuve de patience, car elle était toujours favorite mais jamais à l’arrivée). Je suis donc fier, comme le président Anouma et avec nous, comme d’autres ivoiriens d’être parmi les 32 meilleures nations de football au monde.

  1. Si on s’en tient au parcours de M. Otokoré lui-même, on peut bien s’étonner de ses déclarations. C’est vrai, il fût champions d’Afrique en 1992, mais il a aussi été un piètre entraîneur ces dernières années. Parce que viré successivement du Stade d’Abidjan et du Séwé de San Pédro pour insuffisance de résultats. D’ailleurs, son mentor Guy Roux qui l’entraîna à Auxerre disait de M. Otokoré qu’il avait la qualité pour être un grand joueur, mais qu’il ne le serait jamais, à cause de son fichu caractère.

Qu’il rende humblement grâce au bon Dieu de l’avoir fait naître dans la génération des Abdoulaye Traoré pour profiter du sacre ivoirien de 1992 !

  1. Pour finir, je crois sincèrement que ces déclarations de M. Otokoré ne viennent pas de lui. Sa bouche les a dites mais sa bouche n’a pas parlé. On sent bien que ces phrases sont celles de son mentor (suivez mon regard) tapis dans l’ombre. M. Otokoré a donc été la voix de son mentor, celui qui tient la télécommande et actionne le perroquet. M. Otokoré, qui est au chômage veut à travers cette interview sortir de l’ombre et se voir offrir une responsabilité dans la gestion du football dans notre pays. C’est peine perdue parce qu’il s’y prend mal et n’a pas les qualités de l’emploi.

 

En conclusion, je demande aux « spécialistes » des Eléphants et des questions liées à la gestion du football ivoirien de tourner sept fois la langue avant de parler. Qu’ils regardent les acquis du football ivoirien en moins de 10 ans avant tous commentaires. Car aujourd’hui, si la Côte d’Ivoire est respectée, si elle a relevé la tête, c’est en partie grâce au Président de la Fif et à son équipe. En témoigne, les milliers de messages d’encouragement et de félicitations, y compris celui du Président de la République, adressés au Président de la FIF.

 

Kouamé Jean Bertrand, un ivoirien qui aime les Eléphants

Extrait de fanion No 840 du Mardi 13 juillet 2010