Libre opinion : Laissons Jacques Anouma travailler
Depuis le 11 juillet 210, les lapions se sont éteints sur le Mondial 2010. Partout, c’est l’heure du bilan. Bilan financier par-ci, bilan sportif par-là. En France, passé l’épisode de l’élimination des Bleus et des décisions relatives au futur des footballeurs français, les clubs préparent la reprise du championnat de Ligue 1. En Argentine, malgré la sortie prématurée de l’équipe nationale dès les quarts de finale, la Fédération argentine de football a tranché pour le maintien du sélectionneur Diégo Maradona.

Depuis le 11 juillet 210, les lapions se sont éteints sur le Mondial 2010. Partout, c’est l’heure du bilan. Bilan financier par-ci, bilan sportif par-là. En France, passé l’épisode de l’élimination des Bleus et des décisions relatives au futur des footballeurs français, les clubs préparent la reprise du championnat de Ligue 1. En Argentine, malgré la sortie prématurée de l’équipe nationale dès les quarts de finale, la Fédération argentine de football a tranché pour le maintien du sélectionneur Diégo Maradona.
En Côte d’Ivoire, on assiste à une guerre souterraine dont les acteurs encagoulés magouillent et manipulent pour renverser le patron de la Fédération ivoirienne de football. Et dire que certains s’étaient vite approprié la qualification au Mondial. Papas indignes après ! Rire ou pleurer ?


Peu importe les conséquences des politiques de courtes vue qui entendent l’emporter sur le bon sens. Seules doivent primer les ambitions démesurées des dirigeants des clubs, qui ont vite oublié les limites des leur gestion au sein de leur propres association.
Avouons qu’il est en effet curieux de voir des présidents de club sur le déclin chercher à contrôler l’instance dirigeante du football ivoirien. Très étonnant qu’au moment où les aires de pratique de football disparaissent sous la boue ou le béton des opérateurs économiques, les fameux dirigeants ambitieux pour le football ivoirien aspirent à diriger la FIF, alors que la date de l’élection du nouveau président est encore loin de l’actualité.


La Côte d’Ivoire qui vient de participer pour la seconde fois au Mondial des grandes nations de football ne mérite pas ces dirigeants enclins à attendre l’aumône qu’offre aux clubs depuis quelques années le président de la FIF, Jacques Anouma. Avouons qu’être amnésique n’est souvent pas mauvais pour le malade. Mais alors, qui se souvient qu’avant Jacques Anouma, la FIF n’apportait aucun concours financier aux clubs ivoiriens dont les plus nantis, ceux d’Abidjan comptaient sur la subvention du gouvernement pour effectuer le voyage à l’occasion des coupes africaines. Plutôt que de croire qu’en prenant par effraction la tête de la FIF, les responsables des clubs ivoiriens opposé à Jacques Anouma doivent d’abord rendre le tabler à la tête des clubs qu’ils prétendent diriger.


Des clubs incapables même de franchir les tours préliminaires des compétitions africaines. Honte à ces dirigeants qui ont tué les prestigieux clubs du football ivoiriens. L’Asec et l’Africa ne font plus peur. Ne parlons même pas du Stade et du Stella club d’Abidjan. Ce n’est pourtant pas la faute à Jacques Anouma qui leur accorde des subventions. Contrôler sans élections la FIF ne réglera pas les problèmes de gouvernance à l’Asec et à l’Africa sport, pour ne citer que les moins comateux. Il est venu le temps de se réveiller… pour rendre le tabler ! Démissionner avant que le petit lot de supporters nostalgiques du passé glorieux ne soit traité d’ingrats quand ces fanatiques du football décideront de chasser les tueurs de clubs qui veulent prendre la place de Jacques Anouma. Personne en Côte d’Ivoire ne regrettera leur départ volontaire des clubs de la capitale ivoirienne.


Il est aussi venu le temps de laisser le président Jacques Anouma préparer la prochaine coupe du monde, afin de redonner du plaisir aux ivoiriens qui se demandent où sont passés leur grands clubs de football. Pourquoi tous ces petits ambitieux ne tireraient-ils pas les leçons de la participation des Eléphants au Mondial 2010 et partant de là, faire des propositions constructives pour le football ivoirien ? Qu’est-ce qui n’a marché ? Que faut-il faire, pour que prochainement les Eléphants passent le premier tour ? Ne faut-il pas faire comme le Ghana ou l’Allemagne dont les sélections de jeunes ont démontré au monde entier qu’il n’y a rien de sorcier ?


A notre avis, les défis à relever passent par la professionnalisation du football ivoirien. Les clubs ivoiriens doivent se prendre en charge. Le Sénégal vit aujourd’hui à l’heure du football professionnel. L’Algérie est en train de suivre l’exemple européen. Il faut penser à mettre fin au règne des seigneurs et autres hommes d’affaires enclins à vendre les joueurs plutôt que de rendre compétitifs les clubs ivoiriens. Le football ivoirien disparaîtra si les dirigeants qui rêvent de diriger la FIF ne condamnent pas le hooliganisme qui gagne la place sur nos stades quand les clubs refusent de perdre. La fin du Mondial 2010 doit enfin cadrer avec de vrais projets pour la construction de stades et autres terrains de football en Côte d’Ivoire. Pour tout le reste, il convient de rappeler à tous que la Fédération ivoirienne de football ne sera plus jamais l’affaire de clubs qui se disent grands. Enfin, en guise de rappel pour terminer.


Le renouvellement de la FIF se fera en mars 2011. Que les plus courageux préparent donc leur dossier de candidatures et leur projet pour le football ivoirien. Que personne ne vienne présenter à cette future assemblée générale de la FIF le bilan de son règne sans partage au sein de son club en déclin.

Alain LOBOGNON (Président du club omnisports de Fresco)

Extrait du journal Le Sport No 2207 du samedi 24 juillet 2010.