ELECTIONS A LA FIFA : OUATTARA HEGO (MEMBRE DU STAFF D’ANOUMA) REVELE : « ANOUMA A BENEFICIE DU SOUTIEN D’HAYATOU »

Le Secrétaire Général de la Fédération ivoirienne de Football fait partie des hommes ont contribué à la réélection du Président Jacques Anouma au Comité Exécutif de la FIFA l. Après  la brillante  victoire de son  candidat, il dresse le bilan  de la campagne et fait des révélations.

Peut-on dire que  la logique a été respectée dans cette réélection du  Président Jacques Anouma  au Comité Exécutif de la FIFA ?

Je peux l’affirmer sans risque de me tromper  que la réélection du Président Anouma rentre dans la logique des choses. Quand il a été élu en 2006 au Caire, il  s’était  donné  les moyens d’une éventuelle réélection. Il  a su intensifier sa collaboration et ses rapports avec plusieurs fédérations. Je crois que cette réélection est l’expression d’une  reconnaissance de la part de ses pairs.  Il faut le dire tout net. Il y a beaucoup de dirigeants  du football africain qui pensent aujourd’hui  que le Président Anouma incarne une espèce de dirigeant assez rare. En ce sens qu’il a de bonnes  idées sur la gestion du  football. J’avoue que la réussite du football ivoirien en particulier celle de l’équipe nationale A a fortement  favorisé cette vision des choses. Donc l’un dans l’autre, nous partions rassurés à ces élections même si dans toute élection, il faut toujours prôner la prudence.

Malgré tout, est-ce qu’à  un moment donné de ces élections, les membres de l’état  major du candidat Anouma dont vous faites partie ont eu peur dans la salle ?

Forcement, dans ce genre de situation, vous avez toujours des inquiétudes. Même si vous aviez des raisons d’espérer. Il faut dire que 48h avant les élections, la tension était forte. On entendait pas mal de choses. Il y avait des rumeurs de coalition, d’accords et conciliations  entre différents candidats.  Il ne faut pas oublier qu’ils étaient cinq pour deux  postes.  Cela entraîne donc  nécessairement  des négociations entre différents états major. Bref, j’avoue que nous étions quand même inquiets et un peu stressés. Mais, petit-à-petit, les choses sont rentrées dans l’ordre. Et finalement  nous étions tous très heureux quand  notre candidat a récolté un total de 35 voix.

Ce nombre de voix étaient-il  dans vos prévisions ?

Vous savez, il fallait 27 voix pour être membre du Comité            Exécutif de la FIFA. Il en a eues 35. C’est-t-à-dire 8 de plus. C’est donc très positif pour nous. Il a dépassé d’ailleurs son score de 2006. C’est vrai que nous aurions voulu en avoir plus. Mais, nous savons pourquoi il n’a pas eu plus. Il nous revient de travailler davantage pour améliorer notre score pour la prochaine fois.

Pourquoi  a-t-il été devancé par le candidat Algérien ?

Je pense que ça fait partie des leçons qu’on tire d’une telle élection. Nous n’avons pas forcement besoin de mettre ces secrets sur la place publique. C’est une autre expérience pour nous à la CAF. Nous allons nous en servir pour la prochaine fois.

Dans les coulisses, il nous  est revenu  que l’Algérien Mohamed Raouraoua, (l’autre  candidat heureux) vous aurait trahis en donnant des consignes de vote à ses partisans de la zone Nord contrairement à vos accords sécrets…

Non. Ne parlez  pas de trahison. Je crois que nous avons travaillé en de bonnes intelligences avec certains candidats dont celui de l’Algérie. Ce qu’il faut retenir, c’est que tous les deux candidats  ont été élus. C’était ça d’ailleurs notre objectif.  Nous sommes donc ravis. Nous ne rentrerons pas dans les autres considérations.

Vous avez  joué un rôle prépondérant dans la réélection du Président Jacques Anouma. Vous devez être personnellement très soulagé…

Il faut savoir que c’était mon rôle à la fédération. C’est vrai que je suis le Secrétaire Général de cette institution. Mais, n’oubliez pas que j’ai aussi en charge les relations extérieures. A ce titre-là, je me devais donc d’occuper une grande partie du travail de l’état major. C’est ce que j’ai fait d’ailleurs pendant plusieurs semaines.  Mais, il faut préciser qu’avec l’accord du Président Anouma, nous avons mis en place un programme de travail. Et ce programme était étalé sur 4 ans. Depuis son élection en 2006, nous n’avons cessé de bosser. Djédjé Benjamin, Idriss Diallo et moi-même sommes mis au travail. Nous avons,  en tout cas,  progressivement tissé notre toile qui a abouti à cette victoire de Khartoum. Toute modestie mise à part, il faut reconnaître que la Fédération Ivoirienne de Football revendique aujourd’hui plus des ¾  des membres de la CAF. Ce qui à mon avis est très important. Il faut se réjouir de cette marque de confiance. Car, pendant cette campagne, nous avons eu des soutiens déclarés de certains Présidents de fédération. Et ça nous a vraiment fait chaud au cœur. Personnellement, je suis très ravi et soulagé.

Après sa réélection, le Président Anouma est encore attendu sur le terrain…

Nous avons fini avec les élections à la FIFA. Et le Président Anouma sait très bien ce qui l’attend. Il est maintenant un homme du sérail. Il pourra donc  se faire valoir une fois de plus. Après  cette étape, il nous reste  maintenant celle des affaires locales. Vous savez que bientôt, il y aura l’Assemblée Générale Elective de la FIF. Le Président Anouma est aussi en fin de mandat à ce niveau. Va-t-il briguer un autre mandat ? Lui-même ne s’est pas encore clairement prononcé sur cette question. Du moins officiellement. Il y a donc le fait qu’il doit d’abord évacuer cette préoccupation-là. Car, je pense que sa décision va conditionner la suite de notre travail. En gros, l’horizon sera ouvert après l’A.G.Elective de la FIF prévue pour fin mars 2011.

En tant que l’un de ses Conseillers très écoutés, pensez-vous qu’il doit remettre son mandat en jeu ou quitter la fédération comme certains le réclament ?

Je pense que tout dépend de lui d’abord et avant tout. Dans ce genre de situation, la décision doit être d’abord personnelle. Parce que c’est une tâche immense.  Surtout dans nos pays africains. Ce n’est vraiment pas aisé de diriger une fédération sportive dans ces pays-là. Il n’y a pas véritablement cette volonté politique de prendre en charge le sport. Après huit ans passés à la FIF, je comprends que le Président Anouma  soit quelque peu épuisé et qu’il ait l’envie de prendre du recule par rapport à cette situation. Surtout si elle ne change pas.  Voyez-vous, il est très  écœurant  de constater que l’Etat ne réagit pas la plus part du temps quand les équipes nationales et les clubs vont en compétitions internationales. C’est  toujours une  bagarre  pour avoir les fonds. Et quand tu es dans ce casse-tête chinois  pendant 8 ans, tu ne peux que craquer. Surtout quand  il n’y a pas d’amélioration. Je pense qu’il faut lui laisser le temps de la réflexion et on verra bien la suite à donner dans quelques jours.

Revenons au football international. Après cette réélection du Président Anouma au Comité Exécutif de la FIFA, on a entendu beaucoup de dirigeants dire qu’il est  maintenant temps pour lui de viser la CAF. Est-ce aussi votre vision ?

Je pense qu’il ne faut pas aller trop vite en bessonne. Le Président Anouma a travaillé en bonne intelligence avec le Président de la CAF depuis très longtemps pour ces élections. Je vous apprends qu’il a même  bénéficié du soutien de Monsieur Issa Hayatou. Ce dernier ne s’est pas caché pour demander aux uns et aux autres d’apporter leurs voix au candidat Anouma. En tout cas, Monsieur Hayatou tenait personnellement  à ce que le Président Anouma ait un deuxième mandat à la FIFA. Je crois qu’il faut lui en être reconnaissant et le remercier pour cette sollicitude. Je voudrais aussi préciser que de son côté, le Président Anouma est décidé à travailler en étroite collaboration avec le Président de la CAF. Tous les deux savent ce qu’il y a à faire pour le football africain. Ce n’est donc pas le moment de les opposer à travers les différentes candidatures à la CAF. Il faut plutôt aider le Président Hayatou à continuer à améliorer l’image du football africain.  Et on verra le reste après.

Entretien réalisé à Khartoum par Jean-Claude Djakus 

Source : fif-ci.com