les conditions d’éligibilité en voie d’être modifiées
présidence de la CAF

 

Si le texte passe, il ne suffira plus de le vouloir pour pouvoir prétendre diriger la Caf. Une proposition de modification des statuts de l’instance dirigeante du football africain, dans le circuit, vise à écarter de la course bien des présidentiables.

« Tout candidat aux élections à la présidence de la Caf, outre les compétences nécessaires, devra être ou avoir été membre du comité exécutif de la Caf  ». C’est textuellement, la proposition de modification des statuts de l’instance dirigeante du football africain que le secrétaire générale de la fédération algérienne de football Nadir Bouzenad vient de faire parvenir au secrétariat de la Caf, dans la perspective du congrès extraordinaire du 3 septembre prochain aux Seychelles.

Une astuce à double objectif. D’abord, écarter tous ceux qui osent s’opposer à Issa Hayatou, le président de la Caf depuis 1988, tant il est vrai qu’aucun membre du C.E ne se présentera contre le Camerounais. Notamment l’Ivoirien Jacques Anouma, ancien président de la Fif qui vient d’obtenir l’aval et la bénédiction de son gouvernement pour briguer le poste de président de l’instance dirigeante du football africain. En fait, Anouma en tant que membre du C.E de la Fifa est de facto membre de droit du C.E de la Caf. Mais, puisqu’il n’est pas membre élu et n’a pas droit de vote, il serait écarté d’office si ce texte était adopté.

L’autre astuce visée est de baliser la voie à un changement en douceur, dans la continuité, au cas où Hayatou ne se présenterait pas. Ainsi, quelqu’un comme Mohamed Raouraoua, président de la fédération algérienne de football (certainement instigateur de l’inique proposition de modification) et membre du comité exécutif de la Caf, pourra postuler tranquillement avec de réelles chances de passer.

Dans un cas comme dans l’autre, le but recherché serait largement atteint : continuer à faire du Comité exécutif de la Caf une sorte de « loge » où il faut être parrainé pour entrer. Et d’où l’on ne sort, généralement, que mort ou exclu parce que épinglés sur des dossiers douteux.

Me Augustin Senghor, president de la FSF : « Ce serait un véritable recul »

Me Augustin Senghor n’est guère surpris par le texte introduit par la fédération algérienne de football pour changer les modalités de candidatures à la présidence de la Caf. Car, selon lui, son homologue algérien lui en avait parlé. « Ce serait un véritable recul par rapport si une telle modification passait » ! Le président de la Fédération sénégalaise de football, qui précise n’être guère intéressé par le poste de n°1 de la Caf, n’en estime pas moins que cette proposition de modification de statuts ne devrait pas « être avalisée par les autres présidents de fédérations nationales ». Car, le congrès est souverain et Me Senghor verrait mal ses pairs adopter, en septembre aux Seychelles, une disposition qui les exclut d’office d’un poste qu’ils sont tous en droit de pouvoir occuper. Même si la Fsf n’a pas encore officiellement reçu le texte en question, Me Senghor qui dit se prononcer « à titre personnel », pose une série de questions : « pourquoi limiter les postulants à un groupe restreint ? Pourquoi exclure une frange importante de dirigeants qui s’investissent quotidiennement pour le développement du football africain ? »

Selon lui, « les mêmes critères qui président à l’élection des membres du Comité exécutif, doivent être de mise pour le poste de président de la Caf ». Or, le texte introduit par la Faf ne favorise pas « l’ouverture démocratique des instances dirigeantes du football africain ». Me Augustin Senghor ne voit en fait aucune « pertinence à changer les dispositions fondamentales liées à l’élection du président de la Caf ». Surtout à quelques mois de l’échéance prévue en mars 2013.

B. Khalifa NDIAYEl

In Le Soleil (quotidien sénégalais)