Jacques Bernard Anouma recallé
Elections à la CAF

C’est le contraire qui aurait surpris. Réunis lundi au siège de la Confédération africaine de football (CAF) au Caire (Egypte), les membres du Comité exécutif ont fait ce que tout le monde attendait d’eux. Comme il fallait s’y attendre, le comité exécutif à sa majorité a invalidé la candidature de l’Ivoirien Jacques Anouma pour les élections à la présidence de la CAF le 10 mars 2013 à Marrakech (Maroc). «En vertu des nouveaux textes, la liste retenue pour la présidence de la CAF est celle de Issa Hayatou», a brièvement déclaré le secrétaire général de l’instance faîtière du football continental. Un rejet qui fait du président sortant, le Camerounais Issa Hayatou, l’unique candidat à sa propre succession pour un septième mandat à la tête de la CAF. Visé particulièrement par ce qu’il convient d’appeler «l’amendement Raouraoua», un texte cynique et insidieux proposé par le président de la fédération algérienne de football (FAF) qui stipule que «Tout candidat aux élections de la présidence de la CAF, outre les compétences nécessaires, devra être ou avoir été membre du Comité Exécutif de la CAF», l’ancien président de la fédération ivoirienne de football «ne se sent pas concerné». Mais que de cheminement avant d’en arriver là. En 2007, inquiet de l’ascension d’Anouma alors président de l’Union des fédérations ouest-africaines (UFOA), Hayatou fomente, avec l’aide du Nigérian Amos Adamu et le béninois Anjorin Moucharafou, fondateur et unique membre du Groupe d’actions pour le renouveau du football en Afrique (GARF-Afrique), une association fantôme acquis à la cause du Camerounais, un «coup d’Etat» pour le destituer. Soucieux de préserver la stabilité de la zone, il cède son fauteuil. Mais ce coup tordu n’a empêché pas la progression d’Anouma, élu membre du comité exécutif de la FIFA en 2007. De quoi à troubler encore plus le sommeil du clan Hayatou. En quête de solutions pour barrer la route à tout candidat à leur mentor, le camp d’Issa Hayatou monte au créneau à la 28e CAN au Gabon et en Guinée-Equatoriale. Au sortir d’une réunion, le jeudi 19 janvier 2012 à Malabo, les membres du comité exécutif montrent patte blanche à l’enfant de Garoua pour un nouveau mandat à la CAF. Et comme si cela ne suffisait pas, ils soumettent les présidents des associations nationales à la signature d’une pétition, le vendredi 10 février 2012 à Libreville en marge des travaux de la 34e Assemblée générale de la CAF. Mais tout cela ne semble pas suffire pour freiner la grande volonté de la nouvelle génération d’insuffler du sang neuf à la CAF et les «laborantins» de Hayatou entrent à nouveau dans les laboratoires. Anouma qui se savait «visé» mais qui se disait pas «concerné» est aujourd’hui «frappé» par cette grande injustice qui prend la démocratie à contre pied. Et comme il l’avait annoncé, Anouma saisira certainement le TAS qui devra dire le droit pour le triomphe de la justice et de la démocratie. Un combat que l’Etat de Côte d’Ivoire, à travers le ministère des Sports et Loisirs, le ministère de l’Intégration africaine, la fédération ivoirienne de football et tous les pays qui ont voté contre cet amendement doivent mener ensemble. OUATTARA Gaoussou in Le Patriote du 11/12/12