la candidature de Jacques Anouma rejetée
confédération africaine de football

La commission électorale de la Confédération africaine de football, après une délibération expéditive tenue hier au Caire sur les candidatures, a tranché par la voix du secrétaire général de la CAF (Le Marocain Hicham El Amrani) en faveur du rejet du dossier de Jacques Daniel Bernard Anouma. « En vertu des nouveaux textes, la liste retenue pour la présidence de la CAF est celle d’Issa Hayatou », a-t-il soutenu. L’Ivoirien dont l’objectif avoué est de succéder au Camerounais en poste depuis 1988 est ainsi contrarié. 
L’on se souvient que le 3 septembre 2012, aux Seychelles où s’est tenu un congrès extraordinaire de la confédération, les délégués avaient entériné à une très large majorité (44 voix pour, 6 contre et une abstention) la proposition de modification des statuts relatifs à la présidence de l’institution. 
Le 20 juin 2012, la Fédération algérienne de football présidée par Mohamed Raouraoua via Nadir Bouzenad, son secrétaire général, avait fait parvenir un courrier au secrétaire général de la CAF, Hicham El Amrani, aux fins de lui faire savoir ladite proposition. Celle- ci indique : «Tout candidat aux élections à la présidence de la Confédération africaine de football, outre les compétences nécessaires, devra être ou avoir été membre du comité exécutif de la CAF ». Et le texte de préciser ce que la Fédération algérienne de football entend par compétences nécessaires : niveau d’instruction, expérience dans le domaine de la gestion et expérience dans le football. 
Les nouvelles dispositions électorales devaient entrer en vigueur le 3 décembre de l’année en cours. Avaient- elles un caractère retro actif ? La question a son sens dans la mesure où le segment de phrase qui indique que « le candidat devra être ou avoir été du comité exécutif de la CAF » pose problème en raison de son caractère trop restrictif, délibérément discriminatoire. 
Comment les conditions électorales cumulatives sus mentionnées peuvent raisonnablement mettre hors jeu Jacques Anouma ? A toutes fins utiles, signalons que l’Ivoirien, cadre financier, a été DAAF à Air France Côte d’Ivoire. Il a occupé les mêmes fonctions à la présidence de la République de 2000 à 2011. Au plan sportif, il a été membre du comité directeur de l’Asec en qualité de trésorier, membre de la Fédération ivoirienne de football sous Dieng Ousseynou. Il a été de la campagne victorieuse des Eléphants à Sénégal 92. Il a été président de la FIF de 2002 jusqu’à l’avènement d’Augustin Sidy Diallo en septembre 2011. 
Jacques Anouma n’est pas étranger à la gestion moderne de la FIF, au rayonnement actuel des Eléphants tant au plan africain qu’international. C’est sous sa présidence que Didier Drogba et autres ont participé à deux phases finales de Coupe du monde de la FIFA (Allemagne 2006 et Afrique du Sud 2010). La Côte d’Ivoire lui est également reconnaissante d’avoir permis aux Eléphants de prendre part pour la première fois aux Jeux olympiques de 2008. Jacques Anouma est en outre membre du comité exécutif de la Fédération internationale de football association (FIFA). Franchement, un postulant qui justifie d’une expérience aussi avérée de la gestion devrait-il poser problème à une institution en quête de cadres compétents pour présider a ses destinées ? Le rejet de la candidature de Jacques Anouma n’est ni plus ni moins qu’une insulte à l’intelligence. Il constitue une grave forfaiture, une volonté manifeste d’empêcher de grands dirigeants connus et reconnus pour leur sens managérial de servir le football africain à un haut niveau. 
Mécontent du sort réservé à son dossier de candidature, Jacques Anouma a entrepris de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) afin que cette question d’invalidation soit tranchée. Le 26 novembre 2012, la Fédération libérienne de football avait déjà saisi le TAS pour qu’il annule les conditions d’éligibilité telles que retenues aux Seychelles. Celui- ci s’était alors dit dans l’impossibilité de se prononcer au motif que les conditions litigieuses n’étaient pas encore en vigueur. Que va-t-il alors se passer s’il est une nouvelle saisi par le camp Jacques Anouma bien décidé à aller jusqu’au bout pour faire restaurer la justice, faire triompher le droit dans une affaire qui pue le complot à mille lieues. 

Roger Okou Vabé
rogerokou@yahoo.fr in Notre Voie du 11/12/12