Al Thawadi se concentre sur la tenue des engagements et se prépare à accueillir le monde en 2022

Près de trois ans après avoir dirigé le Qatar vers ce qui est indubitablement le plus grand bouleversement dans l'histoire des candidatures de la Coupe du Monde , Hassan Al Thawadi est toujours cet homme passionné. Alors que pas une semaine ne passe sans une nouvelle évolution qui soulève des questions sur l'adéquation du Qatar à organiser le tournoi 2022, le chef de l'organisation refuse de se laisser distraire, taclant le négativisme de front, tout en restant concentré sur la tâche à accomplir.

Le baratineur, habile et juridiquement formés Al Thawadi, sait qu'il y a des questions qui doivent être abordées au cours des neuf prochaines années, notamment relativement aux droits des travailleurs. C'est juste qu'après avoir fait montre de ses qualités de beaux parleur- ce qu'il fait toujours d'ailleurs - il est maintenant temps de tenir promesse.

Si l'annonce du week-end dernier, du premier concept-design du stade à Al Wakrah était hautement significative en ce sens qu’elle permet au Qatar de montrer au monde qu'il en était réellement à l’entame du processus opérationnel sur le terrain, ainsi que son engagement dans les énergies renouvelables, Al Thawadi apprécie le fait que pour le public mondial, il y ait d'autres sujets plus dignes d'intérêt .

Au nombre de ceux-ci, la promesse du Qatar de climatiser les stades, les terrains d'entraînement et les trottoirs. Ayant tout juste passé quatre jours dans le pays à la mi - Novembre - précisément à la période à laquelle Sepp Blatter veut organiser la Coupe du monde - il me semble que c’est un temps idéal pour jouer au football. Les températures diurnes étaient autour de 28 degrés et de quelques degrés en dessous pendant la nuit. Alors pourquoi serait-il encore nécessaire d’installer le très coûteux mécanisme de climatisation, si la période a changée ?

" Nous avons toujours dit, depuis le début, que nous allons de l'avant avec nos plans, que ce soit en été ou en hiver, à cause de l'héritage que ça constituera pour les générations futures et pour nous-mêmes », dit Al Thawadi qui veut être en mesure de répercuter la technologie à d’autres pays post -2022 qui pourraient se trouver dans une position similaire.

Il reconnaît que les droits des travailleurs, une question encore reprise par Blatter , est le sujet le plus chaud en ce moment, surtout après la récente publication d'un rapport accablant d'Amnesty International . Al Thawadi , dont le titre est secrétaire général du Comité suprême Qatar 2022 , s'est efforcé , au cours d'une série d' entrevues avec les médias , de souligner que son équipe ne se déroberait pas à ses responsabilités et était réellement désireux d'embrasser le débat.

" Si vous regardez la façon dont nous engageons des ONG comme Amnesty International, Human Rights Watch et autres, impliquant les différentes parties prenantes ... vous pouvez voir par les faits, qu'il y a des résultats sur le terrain, des mesures prises. " Ces mesures comprennent la lutte contre la controversée loi du travail kafala, restreignant les mouvements des travailleurs, ainsi que l'application stricte de vérifications pour s'assurer que les entrepreneurs sur les chantiers de la Coupe du Monde traitent les employés de manière convenable.

Il admet que les lois actuelles ont passé leur date de péremption et doivent être modifiées. «Le fait que le système de la kafala soit actuellement examiné par le Conseil des ministres est une preuve qu'il existe des systèmes qui ont besoin d'être changés.

" Certains de ces systèmes ont été développés à une époque différente, à un autre moment de la vie du Qatar. Aujourd'hui, comme toute loi, tout système juridique, partout dans le monde, les circonstances changent et les événements modifient la loi, la développe. "

" Le système Kafala a été développé à un certain moment, il y a maintenant un examen de celui-ci pour voir comment le faire évoluer et l’améliorer. Je ne peux pas vous donner les détails parce qu’il est actuellement sur la table du Conseil des ministres et sous les yeux des législateurs. Ce que je peux vous dire, pour autant que je sache et ce à qui m’a été donné de voir, c'est qu'il y a un accent mis sur le renforcement des relations contractuelles entre l'employeur et l'employé. "

Passant à la vieille question de l'hiver ou plutôt l'été , Al Thawadi , dit qu’il ne sait sincèrement pas pourquoi Blatter a pris l'initiative sur le déplacement du tournoi de l'été après avoir dit à l'origine qu'une telle demande ne pourrait provenir que des Qataris eux-mêmes .

" C'est une question pour le Président Blatter . Est- ce la période de Novembre-Décembre qui est désormais arrêtée ? Je ne le pense pas. Gardez à l'esprit qu'il y a une période de consultation qui suit son cours. Si je ne me trompe, le Président Blatter a déclaré dans sa conférence de presse ici que si, à la fin de la période de consultation, il s'avère que nous ne pouvons pas le faire alors, nous allons revenir à l'été. S’il y a un changement, nous serons plus qu'heureux de nous y adapter. Mes plans vont de l'avant sans regarder à ce qui se passe. Je n'ai pas à être l'otage de quelque chose «.

Et le partage du tournoi avec ses voisins ? Encore une fois, Al Thawadi est prompt à écarter cette proposition. «Nos plans sont basés sur l’organisation de la Coupe du Monde au Qatar avec un bénéfice pour l'ensemble du Moyen-Orient. "

En d'autres termes, non. Al Thawadi explique pourquoi.

«La réalité, c'est que quand vous gagnez une enchère, vous commencez à élaborer des plans concrets avec les intervenants sur le terrain en termes de projets et appels d’offres. Changement brusque créera un bouleversement, une situation chaotique. Mais honnêtement la question ne s'est jamais posée en interne. Chaque fois que nous rencontrons nos frères et membres de la famille du Moyen- Orient, nous témoignent toujours un soutien sans faille. Ils reconnaissent les opportunités que cette Coupe du Monde leur fournira sans nécessairement abriter des rencontres."

Pour être franc, il n'y a pas beaucoup de sujets qu’Al Thawadi évite mais il est clairement lassé de la question de la corruption. A-t-il encore entendu l’enquêteur en chef de la FIFA, Michael Garcia qui est censé mener une enquête sur tous les pays ayant soumissionné à l'appel d'offres pour 2018 et 2022.

"Non, je n'ai reçu aucune notification jusqu'à présent et si jamais je lui parle, il nous sera laissé à lui et à moi, la latitude de discuter de tout ce qu'il veut, mais ce qu’il y a à retenir à ce sujet - . . Et j'espère que ça aidera quelque peu à changer la perception des gens - c'est que, que nous parlons de Garcia ou de l'été et l'hiver, aucune questions est de nature à nous inquiéter".

Al- Thawadi pourrait être oublié et pousser un soupir de soulagement, le Brésil et la Russie , les hôtes des deux prochaines Coupes du Monde , devenant des cibles de la critique plutôt que le Qatar. Mais Il ne voit pas les choses de cette façon.

«Soyons très clairs à ce sujet . Je ne tirerai jamais aucune satisfaction du malheur de quelqu'un d'autre, peu importe ce que les autres pourraient penser. Je ne tire aucun confort du fait que le Brésil soit confronté à des problèmes, même la Russie. Ce n'est pas ce que l'esprit sportif est censé être."

La sportivité est une question qu'al- Thawadi prend très au sérieux. Elle permet de le définir, dit-il, comme le font ses hobbies : lecture (son héros littéraire est le dernier écrivain britannique best-seller,David Gemmell ), des films , jouer au squash et , dans les rares moments où il a le temps , juste " traîner . "

Après avoir rencontré des princes, des présidents et une liste sans fin de célébrités, il pourrait facilement se laisser aller à avoir la grosse tête. Mais Le fait qu'il tente de garder les pieds sur terre , dit-il, fait partie de la préparation à accueillir le monde dans son petit pays, faisant la moitié de la taille du Pays de Galles, dans un peu moins d'une décennie. " Je suis juste un mec normal moyen. Pas plus, pas différent. "

By Andrew Warshaw

In Inside World Football du 21 Nov 2013