Les libyens, champions d'Afrique

Les Chevaliers de la Méditerranée sont champions d’Afrique. Une victoire incroyable, obtenue aux tirs au but contre le Ghana, comme contre le Zimbabwe en demi-finale ou encore contre le Gabon quart de finale. Les Libyens n’ont gagné qu’un seul match, le premier contre la Libye et, ensuite, ils ont aligné cinq nuls consécutifs. Pendant deux ans et demi, comme leurs voisins égyptiens, ils n’ont pas eu de championnat national. Ils ont repris au mois d’octobre et disputé huit journées de championnat.

Leurs matches de préparation, ils les ont tous joués en dehors de leur pays. On les disait moribonds après le premier tour. Et ils ont puisé au fond de leurs ressources pour aller conquérir le titre. Ils étaient au départ de très gros outsiders et ils ot bousculé toutes les montagnes. Leur histoire est unique, leur victoire pareillement. Et le Ghana continue d’être maudit dans une finale continentale.

Une finale c’est rarement ce que l’on avait prévu. L’enjeu est tel que les équipes qui paraissent au bord de l’explosion font abstraction des souffrances endurées et retrouvent une fraîcheur qui semblait les avoir totalement fuit. Les Chevaliers de la Méditerranée avaient ainsi leur fougue et leur esprit de combattant qui s’étaient largement évanouis après la deuxième journée des matches de poules. Ils faisaient preuve d’engagement, de solidité, de vigilance défensive sous la pression des Ghanéens qui n’ont pas leur équivalent dans la fluidité du geste et leur vélocité dans les contre-attaques.

Les Libyens ont fait preuve encore d’une très bonne organisation défensive avec le capitaine Ali Salama et Mohamed E Trbi au centre, et Mohamed Almaghasi et Ahmed Alwani sur les côtés. Ils s’opposèrent avec succès aux tentatives notamment de Seidu Bansey et Sulley Mohamed. Il est vrai que, comme lors des matches précédents, les Black Stars manquaient de lucidité devant le gardien Mohamed Abdaula cependant bien précieux en deux occasions.

La première période fut très prenante avec beaucoup de mouvement, du rythme, proposant un spectacle de qualité à la grande satisfaction d’un public venu en nombre au Cape Town Stadium. Il manquait les buts, denrée rares depuis quelques jours sur les stades sud-africains.

Les Ghanéens entamaient la seconde période comme la première, toutes voilures devant. Attobrah menait des slaloms sur le côté droit, Anobaah sur la gauche mais leurs centres étaient mal assurés, peu précis et il y avait toujours un Libyen pour récupérer le ballon. Le rythme continuait d’être extrêmement soutenu, digne de la finale qui se déroulait en cette soirée au climat idéal, une température de l’ordre de 20 degrés. La rentrée de Yahaya Mohammed au physique de déménageur, à l’heure de jeu, allait donner plus de punch dans l’axe central pour percer la muraille libyenne. Il se démenait pour passer en force. Les Rouges résistaient. On était dans l’opposition de deux styles morphologiques, longilignes pour les Ghanéens, plus râblé pour les Ghanéens. A la 62e minute Almaghasi tentait sa chance, son tir bloquait la respiration de Samuel Aninooson qui venait de recevoir le ballon en pleine poitrine.

Le chronomètre égrenait les minutes. Toujours pas le moindre soupçon de but. On allait gaiement vers de nouvelles prolongations, les cinquièmes depuis les premiers quarts de finale. Il était dit que le CHAN 2014 voulait poursuivre l’aventure et le suspense jusqu’au bout. Ghanéens et Libyens voulaient le trophée mais n’arrivaient pas à s’en donner les moyens.

Sur un centre d’Elhouni, Abushnaf reprenait de la tête dans la surface. A côté de la cage. A tout moment Dame Victoire pourrait choisir l’heureux élu.

Le plus étonnant c’est que le rythme restait le même mais qu’il y manquait de la créativité, de la petite accélération qui aurait mis les défenses en vraie difficulté. On savait les attaquants ghanéens mal inspirés, quatre buts dont deux penalties lors des cinq matches précédents et les Libyens à peine mieux inspirés avec deux buts de mieux. Abdul Mohammed au début de la deuxième prolongation avait l’opportunité d’ouvrir le score. Le ballon passait une fois encore à la gauche de la cage. Puis un tir de Muataz Fadel, qui venait de rentrer, échouait sur Adams.

Des buts on n’en verra aucun comme lors des deux demi-finales. Et c’est aux tirs au but que se jouera la couronne de Champion d’Afrique des joueurs locaux. Les Libyens réussissent leurs trois premiers essais ; les Ghanéens manquent les deux premiers avant de revenir à 3-3. Deuxième série, El Trbi réussit, Tijani, la Libye écrit son nom en lettres d’or sur le socle du trophée du CHAN après la RD Congo et la Tunisie.

Rendez-vous est fixé en 2016 au Rwanda pour la 4e édition.

source: cafonline.com