AFAD Djekanou- Après deux défaites en Super-Division

Laurent Boli (Manager Général de l’AFAD Djekanou): ‘’Ce qui nous arrive devrait servir à la formation et à aguerrir les jeunes gens’’

Après la seconde défaite d’affilée des Académiciens venus de Djekanou, jeudi dernier au Parc des sports de Treichville, face à la Soa (1-0), nous avons tendu notre micro au Manager Général de l’équipe.

Peut-on savoir ce qui ne va pas précisément à l’AFAD Djekanou ?

Ah non, là c’est un trop grand mot quand vous me demandez comme ça, qu’est-ce qui ne va pas à l’AFAD. Je dirais simplement qu’on vient de perdre un match, voilà tout. Ce n’est donc qu’un match perdu. Tout ceci devrait nous servir pour la formation des jeunes gens mais aussi pour mieux les aguerrir. Et puis voilà. Il faut passer par là. A un certain moment, il y a comme un manque de concentration. Ils le payent cash et après ils sont obligés de courir après l’égalisation. Et là, ça change tout. Mais c’est bien. Car aujourd’hui, c’est d’autres enjeux, face à d’autres  volontés, avec un rythme un peu plus élevé. Les jeunes découvraient donc autre chose. Pour nous, c’est toujours l’apprentissage. Nous ne sommes qu’à notre deuxième année de Première Division contre des équipes qui sont mâtures et qui ont six ou sept années de Première Division dans les jambes. Il ne suffit pas seulement de savoir bien jouer au ballon. Il faut être aussi malin, il faut sentir les coups. Non et non, on ne leur en veut pas. On savait que pour nous, la Super –Division allait se jouer match après match. On est qu’à la phase aller. J’espère qu’ils vont vite se ressaisir et puis que ça viendra.

Est-ce que ce n’est pas là plutôt une marche à reculons puisqu’on a vu cette même formation de l’AFAD tenir tête aux grands dont vous parlez en début de saison ?

Non et non. C’est vous qui parlez de marche à reculons. Pour nous le championnat est encore long. Comme le mot le dit, c’est un championnat et c’est donc sur la durée. Ce n’est pas un match de coupe. Là, c’est match après match. C’est donc sur la durée qu’on juge la valeur de l’équipe. Ce n’est pas aux premiers matchs. C’est vrai qu’il est bon de prendre le maximum de points car ça vous met à l’abri par la suite. Là, nous sommes dans des matchs d’une autre motivation et c’est donc à nos joueurs de s’adapter. Peut-être que la Super –Division apporte une pression supplémentaire. Tout ça, c’est l’apprentissage.

Pensez-vous que vos garçons étaient prêts psychologiquement prêts pour cette Super-Division ?

Je réponds tout suite oui. Car c’est la première fois qu’ils jouent la Super-Division. Ils ne peuvent pas l’avoir préparée auparavant. On ne l’a jamais jouée. C’est maintenant qu’ils la découvrent. C’est comme si vous nous demandez ce que nous ferons si nous sommes africains demain. Ce n’est que maintenant que nous cherchons à être Africains. Car, quand on n’a pas encore vécu l’expérience, on ne saurait dire qu’on est expérimenté. Ils ont pris goût et ils ne sont qu’à leur première Super-Division. Ce n’est que l’année prochaine qu’on parlera d’expérience. J’espère pour eux qu’ils vont remonter. Mais nous ne sommes qu’aux matchs aller. Nous sommes avec eux au quotidien et pour nous, c’est encore l’apprentissage. Certains parmi eux découvrent leur métier mais nous on sait de quoi ils sont capables. Quand vous faites la formation, vous n’attendez pas les résultats dans l’immédiat. C’est bel et bien sur le long terme et nous sommes un club en construction, en devenir. Tout ce que nous faisons, nous le prenons comme faisant partie de cet apprentissage. Dans la durée, on espère qu’ils seront un peu plus au top.

Une équipe en formation, c’est bien celle qui produit du jeu. Pensez-vous sincèrement que votre équipe produit du jeu en ce moment?
Oui, mais à un certains moment, la victoire fait du bien au moral. Quand vous produisez du jeu et que vous ne gagnez pas, moralement, c’est difficile. Je préfère gagner mon match pour redonner confiance à mon groupe et puis après, le reste, mes joueurs savent le faire et le feront toujours. Mais là, quand on accumule deux défaites… Mais bon, ce sont de jeunes gens avec deux ou trois qui possèdent de l’expérience, qui sauront, je l’espère, motiver les autres copains. Quand on fait du jeu, c’est bien. Mais gagner est encore mieux.

Pensez-vous que c’est encore jouable après deux défaites ?

(Rires) Il reste encore huit matchs. Si on était en phase retour, peut-être que je pouvais vous répondre oui. Mais il reste huit matchs et les victoires comptent pour trois points et là, ça va très vite après.

Est-ce à dire que vous tenez toujours à votre objectif d’être africains dès cette saison ?

Nous, on prend match après match. Ça fait deux matchs de perdu. On va voir la suite et finir les matchs aller. Après çà, j’espère qu’on se reverra.

Propos recueillis par PB