Interview - Mansour Kouakou :’’Les gens vont découvrir un autre visage de l’AFAD à l’occasion des matchs retour’’

Spectateur du naufrage collectif de ses coéquipiers (3-1) face aux Mimosas jeudi au stade Robert Champroux de Marcory, lors de la sixième journée de la Super-Division, le transfuge du Stade d’Abidjan a bien voulu évoquer avec nous l’actuel parcours ainsi que l’avenir immédiat de l’AFAD Djekanou dans la deuxième partie de cette compétition. Causerie…

Tu es avec Adou Dago, les deux joueurs les plus expérimentés de l’AFAD Djekanou qui était attendue des observateurs pour cette Super-Division. Mais après cette lourde défaite face à l’Asec Mimosas (3-1), là voilà qui termine à la dernière place pour les matchs aller. Quels commentaires ?
Franchement, notre objectif en arrivant en Super-Division, ce n’était pas de jouer tout de suite une place africaine. L’AFAD n’étant qu’à sa deuxième année dans l’élite. Notre objectif n’était donc pas forcément une place africaine mais plutôt la Super-Division. Et on espérait bien la jouer à fond. Mais bon voilà, ils sont tous jeunes et la fatigue commence à se faire sentir. C’est ce qui explique un peu pourquoi nous terminons cette première partie de la Super-Division au bas du tableau. Mais je vous promets que nous seront encore meilleurs pour les matchs –retours.

Là, vous êtes en train de faire démentir vos dirigeants mais aussi votre coach. Tous ne cessaient de répéter en début de saison que l’AFAD jouait dès cette saison une place africaine. Est-ce à dire que vous avez revu à la baisse vos ambitions en cours de route ?
Si vous voulez. On s’est bien rendu compte que l’équipe n’avait en fait que deux ans en élite et qu’il ne fallait pas se prendre la tête avec une place africaine. Les dirigeants et le coach se sont donc concertés et nous ont demandé de produire du beau jeu. Nous sommes donc en Super-Division pour produire du jeu. Si d’aventure on arrivait à accrocher une place africaine, ce sera tant mieux. Mais si ce n’était pas le cas, on ne se cassera pas la tête. Ce qui pourrait nous conduire à faire de mauvaises prestations.

Ceci dit, comment expliquez-vous cette baisse de régime soudaine de la première partie à la deuxième partie du championnat ?
On pourrait mettre cela au compte de la fatigue. Mes coéquipiers sont encore jeunes et ce n’est pas évident pour eux de jouer deux matchs par semaine. Sans oublier aussi les blessés qui nous handicapent sérieusement.

A la veille de cette Super-Division, peut-on savoir le discours que vous ont tenu les dirigeants et ce que vous vous êtes dit entre joueurs ?
Mais les dirigeants nous ont tenu le discours qu’il fallait tenir en nous déclarant qu’ils visaient une place africaine. Mais nous nous sommes dit entre nous-mêmes que ça allait être difficile et qu’il fallait rester sereins si d’aventure ce n’était pas le cas. L’AFAD étant connue comme une équipe des Académiciens, nous nous sommes résolus à produire du jeu en vue d’égayer nos admirateurs.

En tant qu’ancien, que dis-tu à tes coéquipiers qui n’ont que deux ans de haut niveau ?
Mon rôle est de les encourager sans cesse. Je leur dis toujours que l’AFAD est un bon tremplin et qu’il faudra se donner à fond, se battre véritablement. Je leur demande de se donner vraiment, de se battre comme il faut et les résultats viendront tout seuls.

Tu n’étais pas avec tes coéquipiers lors de la lourde défaite contre l’Asec ce jeudi. Pourtant, de l’avis du coach de l’Asec, vous êtes la meilleure équipe de cette Super-Division. Comment expliques-tu le fait que vous produisiez du jeu sans arriver à prendre le dessus ?
Ma foi, c’est aussi ça le jeu des Académiciens comme on le dit. C’est vrai que nous produisons du jeu. Mais il nous manque quelqu’un devant pour tuer le match comme on le dit. Toujours on entend dire que l’AFAD joue bien. Mais c’est souvent que nous sortons du terrain la tête basse ou bien avec des regrets. Simplement parce que nous n’avons pas quelqu’un devant pour marquer des buts. Alors que si vous produisez du jeu et que vous ne marquez pas, vous êtes susceptibles d’en prendre. Voilà le problème de l’AFAD. J’estime personnellement qu’il nous manque des attaquants pour marquer des buts comme ça été le cas face à l’Asec Mimosas.

Tu as évoqué tout à l’heure la jeunesse et l’inexpérience de tes coéquipiers. Ne craints-tu pas personnellement qu’une telle défaite (3-1) face à l’Asec Mimosas les assomme psychologiquement ?
On peut le dire. Mais personnellement je ne le crois pas. Car nous avons avec nous des anciens joueurs qui nous encadrent dans ce domaine. Ils vont donc tout faire pour nous remonter afin que nous puissions aborder les matchs retour match après match.

N’y a-t-il pas parmi les causes des actuelles contre-performances le rythme endiablé des rencontres de cette Super-Division ? En tout cas pour de jeunes joueurs ?
On peut effectivement accuser le rythme des matchs. Parce que franchement, les joueurs de l’AFAD sont jeunes et ne sont qu’à leur deuxième année en élite. Ce sont de jeunes gens qui n’ont pas l’habitude de jouer deux matchs en une semaine. Je pense que le rythme agit également. Mais c’est une bonne chose puisque ça permet de connaitre un peu mieux chacun de nous.

Après l’Asec Mimosas, vous croisez le fer avec le Séwé Sport de San-Pédro ce dimanche au Parc des sports de Treichville. En tant qu’ancien, que peux-tu promettre pour les retrouvailles avec cette équipe qui vous a terrassés lors de la première journée des matchs aller de la Super-Division ?
Nous sommes suffisamment conscients des enjeux. Nous sommes conscients que nous avons une revanche à prendre face à une équipe qui nous a battus au match aller (2-1). Mais je peux vous dire que les matchs retours ne seront pas pareils que les matchs aller. Pour ce dimanche, nous allons nous rencontrer pour parler et faire en sorte que ce match retour n’ait rien à voir avec le match aller. Je promets à tous nos supporters qu’ils découvriront au autre visage de l’AFAD lors des ces matchs retour.

Beaucoup d’observateurs  se demandent encore pourquoi tu as choisi l’AFAD alors que d’autres écuries plus en vue étaient sur les rangs. Mansou Kouakou se plait-il à l’AFAD ?
Je me plais énormément à l’AFAD car j’ai bien réfléchi avant de rejoindre cette équipe. Leur jeu et leur encadrement m’ont convaincu et je le répète, je me plais là. Je suis bien à l’AFAD car il s’agit pour moi d’aller étape par étape. On ne sait jamais. De l’AFAD, je peux atterrir ailleurs. Mais pour l’heure, je me sens bien à l’AFAD et je suis convaincu que quand je serai ailleurs, il n’y a pas raison que je ne m’y plaise pas.

Interview réalisée par PB